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07.07.2008
Quand l'art entre en gare

De l'ancienne gare d'Orsay, le musée conserve la grande nef, mise en valeur par un axe longitudinal.
Lorsque vous pénétrez, surpris par la grandeur des lieux, dans le hall central du musée d'Orsay, tentez d'imaginer ici-même des quais, des voies ferrées et les locomotives. Avant d'abriter meubles, statues et tableaux, Orsay était une gare, une vraie, construite en 1900 pour l'exposition universelle.
Tête de ligne pour tout le réseau Sud-Ouest, à la pointe de la technologie, avec des plans inclinés, des tractions électriques, des voies en sous-sol, elle hébergeait aussi un hôtel de luxe. Quarante ans plus tard, l'ex-gare modèle, s'avérait déjà dépassée par les progrès du chemin de fer et réduite à desservir la banlieue.
A la libération, la gare fût entièrement désaffectée. Mais pas l'hotel, où le Général de Gaulle annonça en 1958 son retour au pouvoir.
Après avoir frôlé la démolition en 1973 (elle y échappa grâce au scandale suscité par la destruction des pavillons de Baltard), la gare d'Orsay se sent revivre lorsqu'on décida enfin de la transformer en musée de l'art du XIXè siècle.
Une métamorphose magique dùe, entre autres, à l'architecte italien Goe Aulenti, à qui fut confié la décoration intérieure des lieux.
Une invitation au voyage
Et pourtant Dieu sait si les oreilles de la dame ont sifflé quand les premiers visiteurs découvrirent le lieu, en 1986 : "grandiloquent", "froid", "pharaonique", sont des épithètes qui revinrent souvent dans la bouche des commentateurs. Beaucoup doutaient, en effet, que la "peinture chaude des impressionnistes"pût s'exprimer dans ce décor.
Elle s'y exprime parfaitement. Sans doute parce que le public se sent bien à Orsay. Libre de se perdre entre les passerelles, les balcons, les escaliers. L'espace n'est jamais fermé car Aulenti souhaitait conserver la vocation de l'ancienne gare : l'invitation au voyage. Alors, on navigue entre une toile de Manet et une de Degas, entre un Renoir et un Van Gogh, entre une sculpture de Rodin et une autre de Maillot.


Mais Orsay cultive tous les arts : l'architecture avec Laloux, Viollet-le-Duc, Garnier; les arts industriels avec Lalique, Gallée; les créateurs de meubles, les urbanistes, les photographes.
Le plus drôle, c'est que l'on y trouve de tout. Les conservateurs ont voulu un lieu consacré à l'art du XIXè siècle, c'est à dire aussi bien celui des salons académiques que celui des impressionnistes, aux croûtes comme aux chefs-d'oeuvre.
A Orsay, on s'émerveille, mais on rit aussi.
(Article de "Loisirs N.T." - M.W.).
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