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18.07.2008

Sagesse végétale

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Chêne, ô mon vieux chêne, me pardonneras-tu jamais de t'avoir trahi ?

Si longtemps tu m'as servi sans jamais te plaindre quand j'avais l'emploi de tes pouvoirs, de ton fruit, de ton écorce et de ton bois.

Si longtemps tu m'as enchanté, nourri, vêtu et même chauffé. Puis un jour, ta séduction s'est fanée, et ton utilité estompée, je t'ai abandonné.

Vénéré de tous les peuples antiques, des Grecs, des Romains et des Celtes, tu symbolisais entre autres vertus : la fécondité, la force et surtout la sagesse.

Ton assimilation par le christianisme, Saint-Louis la consacra en rendant une justice équitable sous son chêne blanc de Vincennes. En Venaissin, la même image d'Epinal illustre l'action de son frère Alphonse de Poitiers, comte de Toulouse et propriétaire du Comtat avant la Papauté.


Un étage pour toi tout seul

Dans ton feuillage persistant s'entremêlent fleurs mâles et femelles. Si tu fructifies vers huit ou dix ans, tu peux en vivre quatre cent et culminer à vingt-cinq mètres dans le ciel. Tu es le seul grand arbre que l'on désigne par un nom féminin, l'yeuse (du provençal : éuse).

Traqué par les bucherons, tes parents les plus âgés se sont aujourd'hui réfugiés près des granges et des jas. Ils servent leur ombre aux convives, aux brebis.

Ailleurs, on ne les laisse plus guère pousser si haut. Sans autre usage que combustible, tu dégarnis nos campagnes en alimentant nos cheminées. Ton espoir d'une autre vie renait cependant de ses cendres en Comtat, où une nouvelle vigueur réanime grâce au joyau de notre sol, "la truffe". Des yeuseraies truffières percent çà et là, le sol natal, communion solennelle de l'arbre et du champignon. Mais qu'il est étrange de te voir si bien aligné, toi qui personnifie plutôt l'exubérance florale du premier étage de la végétation méditerranéenne auquel les botanistes ont donné ton nom. Promenons nous sur les monts du Vaucluse pour nous en convaincre.

Vous reprendrez bien un gland !

Si la consommation de tes glands est aujourd'hui réservée aux ovins en général et aux cochons corses ou espagnols en particulier, longtemps ton fruit doux et peu astringent, fût croqué par nos ancêtres. L'usage s'en serait perdu vers la fin du XVIIIème pour réapparaître ponctuellement à l'occasion des guerres. Pain et café de glands palliaient alors la pénurie de denrées. Souhaitons que le goût de cet aliment de disette ne nous soit jamais plus imposé par de dramatiques circonstances !

Dans un Manuel d'histoire du XXVème siécle, nos héritiers liront peut-être ceci : "L'utilisation des glands pour l'alimentation semble s'être largement développée au cours du XXIème siècle et pourrait avoir été un produit de remplacement des farines de céréales, lorsque la densité de population a atteint son maximum".

Tant qu'il est encore temps, méditons sous ton ombre, mon chêne ... N'es-tu pas source de sagesse ?...

(Publication Intercom).

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Anecdote

A chaque fois que je veux revoir un film que j'ai aimé, je me dis "à quoi bon ? tu le connais par coeur".
Ce qui s'est produit à nouveau pour "OSCAR" mardi soir, et comme toujours je l'ai revu avec le même plaisir.