26.07.2008

Michel AUDIARD

Dans les années 60, Michel AUDIARD, scénariste-dialoguiste, est également une star dont le nom concurrence, sur les affiches, celui du réalisateur. Pendant trente ans, il va écrire sans relâche pour les vedettes, leur offrant leurs plus belles partitions : Alain Delon, Jean-Paul Belmondo, Lino Ventura, Bernard Blier, Michel Serrault, Fernandel, Bourvil, Romy Schneider, Louis de Funès, Mireille Darc, Darry Cowl...

Il leur peaufine des dialogues gouleyants, truffés de répliques qui tuent, de saillies imparables.

Classique du cinéma français, la comédie policière de Gilles Grangier "Le Cave se rebiffe", portée par un casting de premier ordre, est sublimée par des répliques mitonnées par Michel Audiard.

Très librement adapté d'un roman d'Albert Simonin, "Le Cave se rebiffe" a été totalement réécrit par Michel Audiard pour offrir un rôle de dur à Jean Gabin. Pour ce film écrit en douze jours, il signe quelques-uns de ses dialogues les plus percutants.

Quand Gilles Grangier, Albert Simonin et Michel Audiard viennent présenter le scénario à Jean Gabin, chez lui, dans sa propriété de Deauville, l'acteur se régale, comblé par l'histoire et son personnage d'un vieux caïd truculent.

Le casting du film, choisi conjointement par Gabin, Audiard et Grangier, est un pur régal : Bernard Blier, Maurice Biraud, Ginette Leclerc, Franck Villard, Antoine Balpêtré, Robert Dalban... Des amis de Gabin, des acteurs qu'il respecte, des compagnons de jeu d'Audiard pour lesquels il tricote de belles répliques.

"Le cave se rebiffe" sort en salles le 27 septembre 1961. La critique sera mitigée. La presse catholique soulignant le manque de moralité de l'entreprise, mais le public fera un triomphe aux aventures du Dabe (le Roi en argot) et son cave.

Audiard confiera plus tard que le film était un de ses préférés. Avec ce film, sa cote va s'envoler ...

(Collection Audiard).

14.06.2008

LAUREL et HARDY

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"... C'est moi Laurel, c'est toi Hardy / c'est toi le gros, c'est moi le petit ..." ...

La fameuse ritournelle, leitmotiv de tous leurs films, présente d'emblée les deux compères, tranchant l'éternel dilemme du "comment les reconnaître ?", qui fit longtemps la joie des cours de récré. L'âge venant, on y ajoute d'autres informations. On sait que Stanley Laurel, dit Stan, c'est l'anglais, et que ce chétif pleurnichard est le cerveau du tandem inspirateur des scénarios et auteur de la plupart des gags; il exigeait et obtenait d'être payé le double de son acolyte.

On sait enfin qu'Olivier Hardy, Ollie pour les intimes, c'est l'américain, l'obèse placide, à la voix suave (écoutez-le pousser la sérénade dans "Laurel et Hardy au Far West !).

On aurait fini par les oublier pourtant, car ces inséparables, sont quelque peu passer de mode. En ce temps où tout s'accélère, ou tout se précipite, on n'est plus vraiment en phase avec leur célèbre "slowburn", qui repose sur le ralenti, l'impassibilité devant la catastrophe.

La complicité des deux lurons durera plus de 30 ans. A la mort de Hardy, en 1957, (selon la légende), Laurel inconsolable mettra fin à sa carrière d'acteur.

... Pourquoi Laurel et Hardy ont-ils un accent anglais à couper au couteau dans la version française ? Parce qu'ils ont eux-mêmes doublés leurs films au début du cinéma parlant.

Par la suite les acteurs français chargés du doublage ont dù les imiter, succès oblige.


(A. MOUGE)

13.06.2008

LE PANTALON

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Désobéissance fatale



Fusillé pour l'exemple et pour la patrie.

Octobre 1914, Lucien BERSOT, réserviste de Besançon, est rappelé sous les drapeaux.

BERSOT est incorporé au 60ème régiment d'infanterie. Il porte un pantalon d'été en coton blanc. Contrairement à ses camarades, son paquetage ne comprend pas le pantalon réglementaire en drap de laine.

Le 13 février 1915, BERSOT a froid et réclame un vêtement chaud. Mais il refuse celui que le lieutenant de sa compagnie lui ordonne de porter, le pantalon pris sur le corps d'un camarade tué au combat, déchiré par les balles et taché de sang.

Condamné à huit jours de prison pour "refus d'obéissance", BERSOT, 32 ans, finira devant le peloton d'exécution pour "mutinerie devant l'ennemi", malgré les interventions de deux compagnons et du lieutenant GUERIN, chargé de sa défense.

Juge et partie au conseil de guerre, le Colonel AUROUX, a vu dans le cas de BERSOT l'exemple qu'il attend. Pour lui, les revers militaires des Français, sont dus à l'indiscipline.

Et tandis que, signe d'infamie, le corps de BERSOT est enterré hors les murs du cimetière, ses deux camarades sont condamnés aux travaux forcés "pour avoir outragé un supérieur".

Cette histoire véridique d'un "fusillé pour l'exemple" (il y en eut officiellement 1638 de 1914 à 1918) a été découverte par Alain SCOFF dans un vieux numéro du "Crapouillot".

En 1922, la dépouille de BERSOT fut ramenée à Besançon et son nom gravé sur le monument aux morts.


(D'aprés M.C. Chane-Tune)

(Livre "Le pantalon" d'Alain Boisset, puis en collaboration avec Yves Boisset le scénario d'un film).

12.06.2008

La Dame au Flambeau

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Son visage est apparue des millions de fois au cinéma et pourtant elle reste une parfaite inconnue.

Amalia BATCHLER était standardiste aux studios Columbia, lorqu'en 1930, Harry Cohn décidait de doter sa firme d'un symbole.

Perchée sur 4 bobines de films, une vieille robe de peplum sur le dos, une bouteille de chianti entourée de papier argent en guise de flambeau, Amalia devenait "Miss Columbia" à peu de frais.

Maligne, elle a exigé par contrat de toucher 1 dollar chaque fois que le générique serait projeté.

Amalia n'a jamais connu la gloire de Rita Hayworth ou Kim Novak, les deux stars féminines lancées par Columbia.

Mais à 88 ans, devenue milliardaire, elle coulait une retraite paisible dans l'une de ses 28 villas à Beverly Hills.

(C.L.)

10.06.2008

François Berléand

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Eloge d'un second rôle

Camarade de cours de Josiane Balasko, il a failli participer à la création du Splendid.

Pour un antimilitariste qui entretient avec la police les rapports mitigés de la génération 68, il a souvent prêté son "physique passe-partout", comme il dit, à des personnages de militaire ou de flic.

Ne lui en déplaise, François Berléand fait , au contraire, partie de ces acteurs dont la tête nous est familière. Ces grands seconds rôles qui assurent la pérénité du cinéma français, et de la télévision.

Petit-fils d'un metteur en scène et d'une actrice, tous deux russes immigrés, il n'avait pourtant jamais pensé au métier de comédien. Curieusement, ses études de commerce, l'y ont mené tout droit : "le prof d'éco m'a transmis sa passion. Il s'appelait Daniel Benoin. Depuis, à la Comédie de Saint - Etienne, il est devenu un des apôtres de la décentralisation. Un étudiant s'était fait porter "pâle" dans la troupe de l'école, je l'ai remplacé au pied levé. Le même soir, j'ai découvert l'ivresse des planches et le trac. Malade à crever. Cela continue les soirs de première".

Il a fallu une pièce de Claudel "Le partage de midi", avec Nicole Garcia et Jean-Pierre Marielle, un spectacle resté dans les mémoires des amateurs de théâtre, pour que le septième art s'intéresse à lui.

Quelques fidélités (un mot cher à François) se sont tissées : Alain Cavalier, Bertrand Tavernier et les frères Jolivet. Il porte moins d'estime à la dernière personne qui l'a dirigé à l'écran, Catherine Breillat. Pour "Romance", j'avais refusé une scène trop osée. On ne l'a pas tournée. Mais, sans m'en avertir, elle l'a fait faire, en gros plan, à une doublure". Rôle de décomposition....


(archives de Pierre).


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" Des prises de position, je n'en ai pas vraiment. Ma position est souvent couchée ". (Jacques Dutronc)

"Je préfère être seul chez moi, que "seul chez quelqu'un d'autre" (Jacques Dutronc)

"La timidité est une forme de politesse" (Jacques Dutronc)

"L'élégance est de se comporter dans la solitude comme en société" (Sylvain Tesson).

15.04.2008

Pierre Gérald

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Voici l'acteur Pierre Gérald, âgé de 102 ans.

(Photo que mon fils m'a faite parvenir par e-mail. J'ai réussi à l'insérer en suivant les indications de Alyette.)

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Dans l'émission "Vivement dimanche" de Michel Drucker du 6.04, où il recevait les CHARLOTS, Pierre Gérald était l'invité de Gérard Rinaldi, aux côtés duquel il a joué au théatre dans la pièce "Cuisine des Anges" (1979-1980).

Il continue à jouer des seconds rôles dans des films comme dans "Grégoire Moulin contre l'humanité" (2001) de Artus de Penguern, où il a le rôle d'un Président du Tribunal et ne fait qu'une brève apparition.

Bon oeil, bonnes oreilles, bons pieds (malgré quelques douleurs par-ci par-là) il dit se maintenir en forme en faisant des abdominaux et du vélo en chambre :

"Le secret de ma jeunesse, dit-il, est dû à mon enthousiasme et à ne jamais me décourager devant l'adversité".

Il ajoute : "Il y a beaucoup de centenaires...mais dans un triste état souvent...".

"Je mange très peu, car je ne veux pas grossir".

Pour fêter ses 100 ans, Gérard Rinaldi lui avait offert le baptême de l'air en planneur. Il en est encore tout enthousiasmé.

Michel Drucker lui proposa un baptême de l'air, mais cette fois en hélico, et le voilà tout "frétillant" à cette nouvelle expérience.

C'est beau d'arriver à un grand âge en pleine forme comme lui ....

Il est un message d'espoir ....